Utilisation de l'IBM Blue Gene/P de
l'IDRIS :
Le projet LQCD
Calculs de QCD sur
réseau en Physique Hadronique (LQCD)
Responsable
et collaborateurs :
Olivier Pène
LPT Orsay
Philippe Boucaud
LPT Orsay
Benoit Blossier
LPT Orsay
Olivier Brand-Foissac
LPT Orsay
Pierre Guichon
CEA/IRFU SPhN Saclay
Remi
Baron
CEA/IRFU SPhN Saclay
Jaume
Carbonell
LPSC Grenoble
Mariane Brinet
LPSC Grenoble
Mauro Papinutto
LPSC
Grenoble
Vincent
Drach
LPSC Grenoble
Pierre Antoine
Harraud LPSC Grenoble
Résumé du projet
L'enjeu de ce projet de
recherche est d'étudier
les propriétés et la structure interne des
particules subissant l'interaction forte (hadrons) à partir
des interactions entre les constituants
élémentaires portant une charge de couleur
(quarks et gluons). La théorie qui
décrit ces interactions (« interactions
fortes ») est la Chromodynamique Quantique (QCD),
dont les principaux auteurs ont reçu le Prix Nobel en 2004.
Le but de la QCD est d'expliquer la cohésion des noyaux
ainsi que la structure des protons et des neutrons,
c'est-à-dire l'essentiel de la matière visible de
l'univers. Cette théorie ne compte que sept
paramètres : une masse pour chacun des 6 quarks et une
constante de couplage qui règle l'intensité de
l'interaction forte. Elle permet d'interpréter un nombre
immense de phénomènes physiques à
partir de peu de paramètres et d'un formalisme
mathématique bien défini et très
compact. C'est l'une des théories physiques les plus
élégantes de l'histoire des sciences.
Objet de la recherche, problématique scientifique
L'objet de nos
recherches est d'obtenir les solutions de la QCD sur un
réseau quadridimensionnel d'espace-temps, dont la longueur
est typiquement de 3 à 5 fermis et dont la maille mesure
moins de 0,1 fermi. Les gluons y sont représentés
par des matrices unitaires 3x3 associées à chaque
lien du réseau et les quarks se propagent de site en site.
Les calculs, basés sur des méthodes
stochastiques, sont très longs, en particulier quand ils
prennent en compte l'apparition et la disparition de paires de quarks
et d'antiquarks virtuels (calculs "unquenched"). Ces fluctuations
quantiques sont cruciales pour respecter des contraintes fondamentales
de la théorie (telles que l'unitarité) mais le
temps de calcul pour les traiter croît très vite
quand la masse des quarks diminue. Or la nature possède deux
quarks particulièrement légers, le u et le d, qui
constituent l'essentiel des protons et neutrons. Lorsque l'on prend en
compte les fluctuations de ces quarks legers on parle de calcul avec N
f=2.
Mais on peut également inclure les quarks charme
(c) et étrange (s) ce qui rend les calculs bien
plus lourds. On parle alors de simulations N
f=2+1+1.
Régulariser la QCD sur un réseau d'espace-temps
laisse un large arbitraire dans le choix de l'action
discrétisée, dont la limite du continu doit
redonner l'action de la QCD. Les simulations de QCD sont
effectuées par différentes collaborations
internationales, qui utilisent chacune divers choix d'action
discrétisée. Parmi ces collaborations de calculs
sur réseau, la collaboration ETMC (
European Twisted Mass
Collaboration,
http://www-zeuthen.desy.de/~kjansen/etmc/),
dont nous faisons partie, est particulièrement bien
placée. Outre la physique hadronique, les configurations
générées sur la BlueGene/P sont ainsi
également exploitées par les membres de la
collaboration ETMC pour l’étude de sujets aussi
variés que la physique des mésons, la
renormalisation non perturbative, le calcul de la masse des quarks, la
physique des hadrons contenant le quark lourd dit "charmé"
(c).
Caractéristiques du code et de
l’implémentation sur la Blue Gene/P
Le code utilisé est HMC (pour Hybrid Monte Carlo). Il est
parfaitement adapté à l'architecture de la BG et
présente des propriétés presque
parfaites de scaling avec le nombre de processeurs. Il est
utilisé aussi bien pour générer les
configurations de jauge que pour le calcul des propagateurs de quarks.
Le nombre de coeurs demandés varie de 1/2 rack à
2 racks suivant la taille de nos réseaux (de 243x48
à 483x96)
Le temps d'un run Nf=2+1+1 en utilisant 2 racks
et un réseau 483x96 est de 2h par
configuration ( soit deux 2 trajectoires Monte Carlo). On obtient ainsi
environ 10 configurations utiles par jour.
L'inversion de l'opérateur de Dirac nécessaire
à l'obtention du propagateur d'un quark léger sur
un réseau L=323x64 et avec 128 coeurs
dure 1/2 heure.
Description des résultats obtenus
Pendant 2009 nous avons
géneré un ensemble supplémentaire de
configurations avec Nf=2 quarks unquenched et un
pas de réseau a=0.05 fm, un des plus petits jamais
simulés. Les principaux résultats
concernent le spectre des baryons ainsi que les facteurs de forme
décrivant leurs structures internes. Ils sont
présentés dans les publications
mentionnées ci-dessous et illustrés dans la
figure 1.
L'utilisation principale de la BG/P en 2009 a cependant
consisté dans la géneration des configurations de
jauge avec Nf=2+1+1 quarks dynamques
(u,d,c,s). Les premiers tests sur des mésons, le
Nucléon et le Delta ont été soumis
pour publication [2]. La figure 2 montre un ensemble de
résultats obtenus avec Nf=2 et Nf=2+1+1
avec, dans chaque cas, différentes valeurs du
paramètre de maille "a".
 |
 |
|
Fig1:
Spectre de l'octet et decuplet de baryons obtenus par la collaboration
ETMC avec Nf=2 (tiré de [1])
|
Fig2: Comparaison entre données Nf=2 (b=3.9,4.05,4.2) et Nf=2+1+1
(b=1.9,1.95) montrant les propriétés d'echelle. Le point
physique est indiqué par une croix [6]. |
Références et publications associées (2009)
[1] Low-lying baryon spectrum with two dynamical twisted mass fermions
C. Alexandour et al, PRD80 114503 (2009)
[2] Light Meson Physcis from Maximally Twisted Mass Lattice QCD
R. Baron et al, hep-lat/ 0911.5061
[3] First results of ETMC simulations with N(f) = 2+1+1 maximally twisted mass fermions.
R. Baron et al, PoS(LAT2009)104 arXiv:0911.5244
[4] Nucleon form factors with dynamical twisted fermions
C. Alexandrou et al, PoS(LAT2009)145, e-Print: arXiv:0910.3309 [hep-lat]
[5] Generalized parton distributions of the nucleon from twisted mass QCD
C. Alexandrou et al, PoS(LAT2009)136
[6] Performance of PHMC and HMC algorithms in Nf=4 LQCD with twisted Wilson quarks.
A. Deuzeman et al. PoS(LAT2009)037
Nous voulions signaler aussi les trois thèses suivantes dont le
travail a été fait en grande partie grâce à
IDRIS:
[7] Remi Baron (SPhN Scalay-LPT Orsay),
[8] Benjamin Haas (LPT Orsay) et
[9] Vincent Drach (LPSC).
Elle se trouvent - ou vont bientôt se trouver - sur http://tel.archives-ouvertes.fr/index.php
© CNRS - IDRIS, 13/01/2012